Ici un extrait de mon intervention, dans le cadre du colloque organisé à la Villette
le 17 novembre dernier, sur les Technologies d’Information et de Communication.
Dès que le département de la Seine-Saint-Denis s’est investi dans la démarche d’Agenda 21, qui va définir pour notre département les grandes priorités en matière de développement durable pour les années à venir nous avions bien à l’esprit la mise en œuvre d’une démarche participative. Dès le début, la question des formes de consultation et de participation sont apparues comme déterminantes dans le processus afin que chacun y ait accès et puisse s’investir dans la démarche.
De nombreuses expériences de participation des habitants sont menées depuis de nombreuses années, dans les communes, ou dans le cadre de la politique de la ville. Trop souvent on y constate, une surreprésentation des acteurs institutionnels et des relais « habituels », qui maîtrisent l’expression orale, le vocabulaire technique, les grands enjeux politiques.
En Seine-Saint-Denis de nombreuses initiatives participatives ont été conduites autour du budget et des transferts de charges non compensés par l’Etat, comme pour l’élaboration du SDRIF, ville par ville, canton par canton. Aux côtés d’outils plus classiques de participation, comme le Conseil de développement durable, organe consultatif issu de la société civile, ou un questionnaire aux habitants, l’internet participatif nous est apparu comme un outil supplémentaire pour construire et donner de l’élan à la vie de la cité, pour peu que l’on accompagne la démarche.
Certes, le « fossé numérique » se comble petit à petit, mais il faut y veiller et agir pour une mise à niveau des outils dans les foyers (facilités financières pour l’acquisition d’un ordinateur à tous les élèves 6 ème, ouverture des collèges sur leur environnement en s’appuyant sur les ENT, création d’Espaces Publics Numériques)) tout comme le maillage du territoire en haut débit pour combattre les inégalités territoriales, à travers le projet DEBITEX, sur 24 villes en partenariat avec le Conseil Général du Val d’Oise et de la Seine-Saint-Denis.
Plus que jamais, la maitrise de ces outils technologiques est déterminante pour le développement social et pour conquérir une meilleure égalité des chances.
Si l’internet ne transcende pas les inégalités sociales, il peut permettre, notamment aux jeunes, un accès nouveau et plus égalitaire aux savoirs, à la culture et à la démocratie. Dans cette veine, les sondage montre que c’est ce public, qui est le plus en phase avec cet outil. Des démarches volontaristes, au profit d’autres publics, notamment les plus âgées devront être développées.
Enfin internet libère la parole, il est un formidable outil de contact, d’échanges en levant les barrières sociales et culturelles. Il permet plus facilement à chacun de trouver le mode et le niveau d’intervention qui lui convient : information, contribution, réaction ou vote sur une proposition.
L’expérience en Seine-Saint-Denis est en cours avec notre forum de l’Agenda 21. Après la période de démarrage, le bouche à oreille commence à faire son oeuvre au sein de la communauté d'internautes -avertis ou non-, et les associations aussi s'emparent de l'outil en apportant leur contribution, leur innovation.
Mais si l'on sent que certains maîtrisent parfaitement l'outil qui leur est proposé, bien évidemment les blogueurs, il s’agit aussi de fidéliser les intervenants plus occasionnels qui sont venus s'aventurer sur ce « nouveau terrain d'expression citoyenne » afin de trouver des formes appropriées élargissant le cercle des participants et des acteurs.
Chacun comprendra que c’est en enjeu déterminant en Seine-Saint-Denis.
Nous sommes ici pour, certes, apporter notre expérience, mais surtout pour chercher ensemble les chemins d’une démocratie participative élargie grâce aux technologies de l’information et de la communication.
Conclusion :
Les actions en faveur du développement des Technologies d’Information et de Communication, participent avant tout d’une volonté politique, d’une volonté des associations diverses et variées d’agir dans ce domaine. L’actualité, nationale et internationale, au regard de la crise économique, au vue de l’abandon de l’Etat central, sur beaucoup de ces compétences régaliennes, au vue de la baisse importante des dotations aux collectivités locales, enfin au regard de la baisse majeure des subventions aux associations qui font du lien sociale, reconstruisent l’humain, notamment à travers les technologies d’information et de communication, annonce une période difficile pour tous ces acteurs de la ville et de la vie.
Seule d’autres choix politiques dans les assemblées élus, permettront de soutenir les associations, de développer ces technologies. Car dans le cadre d’une baisse de budget généralisée, beaucoup auront la tendance à se replier sur leurs compétences obligatoires. Pour ma part, le développement et la maîtrise de ces technologies pour tous, seront tout aussi important que les questions, comme le logement et l’emploi, dans les années à venir.
Bally BAGAYOKO