Les propos de Eric Besson, et de certains de ces collègues ministres du gouvernement mais également ceux de Jean Marie LE PEN relèvent d’une vraie instrumentation politique. Le but est d’attisé un débat qui a pour objectif d’associer l’ensemble de nos concitoyens à une réflexion de fond sur ce que signifie, en ce début de vingt-et-unième siècle, être français.
En conformité avec Bally BAGAYOKO, je souhaite pour ma part donner la définition de la « francité » : est français quiconque est reconnu comme tel par l'Etat français et possède, comme signe de cette reconnaissance, une carte d'identité nationale. Me reconnaissant parfaitement dans cette définition, il n’y a pas plus humiliant que d’entendre un tel débat ayant toujours servi d’outil de propagande politique avant chaque campagne électorale visant surtout l’électorat de droite et d’extrême droite.
Je suis française donc ne me reconnait pas dans ce débat. Je refuse d’alimenter cet instrument politique de droite comme de gauche avec l’ultime conviction, celle de changer les lois de la République, autrement dit « hier j’étais française aujourd’hui je ne le suis plus.
Dès lors qu’il s’agit d’inégalité sociale, je cite ROUSSEAU. Sur ce débat récurent, Montesquieu disais « Si je savais une chose utile à ma nation ruineuse à une autre, je ne la proposerais pas à mon prince, parce que je suis homme avant d’être français ou bien parce que je suis nécessairement homme et que je ne suis français que par hasard »
Quelques mois après la création d’un « ministère de l’immigration », faire un débat sur l’identité nationale relève d’une escroquerie politique car La "francité" est une catégorie juridico-politique que le pouvoir de l’Etat mais aussi d’autres appareils politiques manient et manipulent à leur guise : la loi change va-t-elle changer ? « Hier j’étais française aujourd'hui je ne suis plus. Je réitère mon point de vue sur cette question. Oui je ne me reconnais pas dans cet escroquerie politique puisque je suis française à part entière, ai fréquenté comme tous les français l’école de la République, celle de Jules FERRY de 1880. Je refuse d’être complice, je refuse d’être instrumentalisée puisque je suis française. Nourrir un débat qui sert à toutes les couleurs politiques confondues ne peut servir uniquement certains fervents de la politique qui visent à une politique de discrimination en direction de français issus de l’immigration mais également de nos parents qui eux ont fait le choix de ne pas posséder de carte d’identité nationale française. Faut-il penser pour autant qu’ils n’ont aucun lieu de fraternité avec la France ? Pour ma part, mes parents sont algériens et de fait gardent et garderont une histoire avec la France, celle d’avoir vécu ensemble pendant 132 ans, ce qui laissent forcément un sentiment de passion entre les deux peuples.
C'est toujours la même chose : on propose un débat, en espérant que les Français répondront dans le sens de la pensée unique, la seule autorisée aujourd'hui en France, la seule que tous acceptent par obligation frustrante .... Parler ou même penser qu’il faille s’arrêter sur ce faux débat ne peut que nourrir les courants politiques à la veille de campagnes électorales. Mais répondons-nous à l’identité nationale américaine aux Etats-Unis ? Il est sur que ce débat à l’image de la plus grande puissance du monde serait plus compliqué à faire passer après qu’il y ait eu l’esclavage, le colonialisme, la ségrégation et plus encore.
C’est donc pour ces raisons qu’il m’est impossible de ne pas apporter mon point de vue et affirmer : Oui, il ne faut pas tomber dans le piège de cette conspiration calomnieuse en direction de français qui ont comme beaucoup une double identité, français à part entière avant tout, pour autant nous ne renierons nos origines qui celles de nos parents. La vraie question est de savoir pour quelle raison on s’arrête souvent à ce débat notamment en période de crise économique et électorale. L’habitude s’est installée, le bouc émissaire à tous les courants politiques sont toujours les mêmes. A qui la faute si autant de chômage, autant de précarité, autant de familles dans la rue ? C’est bien entendu de la faute des français issus de l’immigration ou des immigrés tout simplement.
Ce n’est que mon point de vue, il ne faut plus se demander ou entendre « qui nous sommes », car nous pourrions retourner la question à tous les français. J’ai été française 1 an avant l’indépendance de l’Algérie, je suis née sur le territoire français, mes enfants sont nés en France, sont français comme vous et moi, c’est pour cette unique raison que je refuse d’être instrumentalisée par des partis politiques qui utilisent comme nombreux de citoyens français le mot « intégration ». Faut-il également s’intégrer dans son propre pays, scandaleux et parle de lui-même, il s’agit là effectivement d’un faux débat au service de politiques qui s’en servent à des fins purement politique : celle de l’autruche qui consiste à diviser pour mieux régner.
Lila AMELAL
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