APPEL D’ELUS D’ILE-DE-France
« L'eau est un bien commun de l'humanité ».
Cette formulation prend de plus en plus son sens aujourd'hui, que ce soit dans le monde, où plus d’un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable et 2 milliards et demi à l’assainissement, mais aussi en France où chaque été de nombreuses régions sont soumises à des restrictions de consommation.Sur le territoire de la petite couronne parisienne, la production et la distribution de l’eau sont organisées par un syndicat intercommunal : le SEDIF, qui regroupe 142 villes adhérentes.
Depuis 1923 le service est concédé à la Compagnie Générale
La maîtrise publique réelle de la gestion de l'eau potable est fondamentale.
Or le système de gestion actuel ne permet pas suffisamment de lisibilité des coûts de gestion du délégataire. Plusieurs enquêtes d'associations de consommateurs laissent planer un doute sur une « surfacturation » par Veolia, et apportent des arguments précis sur des économies potentielles tangibles sur les factures d'eau des Franciliens.
De nombreux organismes publics (Cour des comptes, Chambre régionale des comptes ...) ont conclu qu’une délégation à une société privée amène un surcoût sensible par rapport à une régie publique.
Les rapports produits par le groupement de bureaux d’études mandaté par le SEDIF pour éclairer les choix sur le futur mode de gestion, confirment le surcoût actuel. Alors que la crise financière et son impact sur l’économie vont frapper sévèrement les plus démunis, faut-il reconduire ce mode de gestion, le modifier à la marge, ou bien gérer l'eau en véritable régie publique?
Nous sommes élus d'Ile-de-France d'une grande diversité de sensibilités politiques. Une chose est sûre, et nous rassemble : il faut absolument nous laisser le temps de comprendre et de nous approprier les enjeux, en débattre avec nos concitoyens et avec leurs associations. Confronter les options et les points de vue. Un seul débat en trois ans au comité syndical du SEDIF, cela ne fait pas le compte, vis-à-vis de l’enjeu.
Montant de la facture, tarification sociale, protection de la ressource, bon entretien des réseaux, qualité de l'eau, maîtrise des savoirs et de la recherche... autant d'enjeux qui seront influencés par le mode de gestion de l'eau que nous choisirons et ne peuvent se traiter dans la précipitation et dans l'opacité.
Un grand nombre de conseils municipaux se sont engagés lors des dernières élections municipales à soumettre au débat démocratique ces enjeux et les différentes hypothèses qui s’offrent aux franciliens pour la gestion de leur eau. Beaucoup se sont déjà prononcés par un vœu.
Nos concitoyens doivent pouvoir avoir confiance. Il faut donc miser sur la citoyenneté et sur la démocratie, afin que tous les élus en charge de ce service public puissent fonder un jugement éclairé sur cet enjeu majeur.
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