Ci-dessous, un texte de soutien aux luttes menées contre la casse des services publics, notamment l'un de ceux qui assure un lien social très fort dans nos quartiers, le service public postal.
PRIVATISATION DE LA POSTE :
SOUTIEN AUX LUTTES POUR LA DEFENSE ET LE DEVELOPPEMENT DU SERVICE PUBLIC
Les habitants de la Seine-Saint Denis connaissent les nombreux désagréments des services postaux, avec les longues attentes ou les hausses de tarifs, les horaires réduits de certains bureaux ou les tournées aléatoires du facteur.
À La Poste, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne !
Ceci est dû principalement au caractère commercial donné depuis bien longtemps, et de plus en plus, aux activités de la Poste au point de dénaturer le service aux habitants, aux associations ou aux petites entreprises.
Rentabilité oblige, la Poste adapte sa présence et son offre de « produits » selon les profils et les moyens de ses « clients », négligeant ainsi les populations des quartiers et villes populaires, tout comme les zones rurales.
Comme citoyen et élu local, je suis préoccupé de la situation et du sort faits aux services publics.
Mais surtout, en tant que Vice-président en charge des « services urbains », je tiens à apporter mon soutien actif à l’action des syndicats et des agents ce 23 septembre, et me félicite de son caractère unitaire. Je tiens à affirmer ma solidarité avec les postiers, qui ont à subir une précarisation de leur emploi et une dégradation de leurs conditions de travail.
Mais les enjeux de cette journée vont bien au-delà d’une action catégorielle pour autant tout à fait légitime et justifiée.
En effet, la privatisation annoncée de La Poste, dont l’ouverture du capital ne serait que le prélude, ne peut qu’accentuer cette dégradation du service postal qui frappe les agents comme les usagers.
Elle se place dans l’échéance de l’ouverture globale à la concurrence décidée au niveau européen et avalisée au plan gouvernemental. Ce n’est ni pour maintenir un réseau de proximité et les emplois, ni pour améliorer ses services. C’est bel et bien pour avoir les moyens d’aller concurrencer les autres postes sur leur territoire!
Cela, nous ne pouvons l'accepter. Car cette « libre concurrence » n’annonce rien de bon pour les usagers : la Poste ne gérerait plus que 5000 à 6000 bureaux d’ici 2012 selon un accord signé avec le Gouvernement. Surtout, la Seine-Saint-Denis n’est pas épargnée par cette réorganisation, qui est déjà à l’œuvre et s’accélérera par l’entrée de capitaux privés et leur recherche de profits.
Les suites sont connues.
On les voit dans les pays où cette privatisation a déjà eu lieu, avec les conséquences tragiques sur la qualité du service et son caractère universel, destiné à chacun des citoyens sur tout le territoire.
On le voit chez nous avec France Télécom : ce sont les missions d’intérêt général qui sont sacrifiées. C’est une nouvelle atteinte à l’Egalité entre les citoyens et les territoires.
Le Président de la République, Président en exercice de l’Union Européenne, feint de le découvrir en proposant un « débat public » confiné dans une commission dont les conclusions ne l’engage pas, comme pour l’audiovisuel public dont les compte-rendus demeurent secrets.
Pour ma part, je suis partisan d’en appeler au référendum, en conclusion d’un vaste débat démocratique de tous les citoyens qui permettrait à chacun de faire part de son point de vue.
Président de la Commission Départementale de Présence Postale, je me propose donc de réunir prochainement les élus locaux, les syndicats et associations d’usagers, tous ceux qui sont attachés au service public postal et à son amélioration.
Travaillons ensemble, agissons pour défendre La Poste, ses usagers, ses personnels.
Avec la crise financière, l’intervention publique est d’actualité : ne laissons pas faire l’inverse à La Poste.
Bally BAGAYOKO
Vice- président du Conseil général de Seine-Saint-Denis
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