Ci-dessous l'interview que j'ai donnée au journal l'Humanité, parue le 28/01. N'hésitez pas à consulter régulièrement la revue de presse
« Beaucoup se disent : il est comme nous, votons pour lui ». Bally Bagayoko
Vous avez été élu conseil- ler municipal en 2001. Quel était votre engagement dans la ville ?
Bally Bagayoko. Je suis depuis plus de quinze ans impliqué dans la vie sportive, associative. Je considère que le présent et l’avenir de la cité appartiennent à chacun. Quand les élus communistes de Saint-Denis, Patrick Braouzec, l’ancien maire, puis Didier Paillard, le nouveau, m’ont proposé de faire un bout de chemin ensemble, j’ai dit oui. Car ils respectaient mon autonomie et le fait que je n’ai aucune étiquette politique.
Quelles sont les valeurs que vous partagez avec les élus communistes ?
Bally Bagayoko. La solidarité, l’entraide, particulièrement en direction des plus défavorisés. Et aussi des projets innovants pour l’avenir de Saint-Denis, comme Plaine Commune. Tout cela m’a convaincu. S’il y avait eu une divergence de fond sur le projet de société, je n’aurais pas fait partie de l’équipe. C’était surtout une aventure pour ma ville, mais aussi avec tous les jeunes qui, comme moi, ont tout à gagner à s’impliquer dans le devenir de leur cité.
Pourquoi cette candidature à l’élection cantonale ?
Bally Bagayoko. Didier Paillard, qui est aussi conseiller général, m’a proposé, pour se consacrer entièrement à son mandat de maire, de reprendre le travail engagé sur le département. Au début, j’ai dit non parce qu’il y a d’autres personnes aussi compétentes et impliquées dans la ville que moi. Puis des acteurs du mouvement social m’ont convaincu qu’au niveau du département les enjeux étaient tout aussi importants, avec des répercussions sur la vie des populations.
Vous êtes plutôt tourné vers les jeunes. Quelles sont vos ambitions pour eux ?
Bally Bagayoko. À Saint-Denis, nous développons une forte activité en direction des jeunes. Cependant nous atteignons vite la limite de l’exercice car les moyens financiers des collectivités locales sont de moins en moins abondants. Le conseil général nous est utile sur plusieurs aspects : sur la protection de l’enfance, la santé… Mais aussi sur des questions plus sensibles comme l’errance, qui touche de nombreux jeunes. Comment aider ceux qui se trouvent dans cette situation pour cause de décrochage familial, d’éjection du système scolaire, de difficultés à se loger et à trouver un emploi ? Le conseil général et la ville travaillent main dans la main. Avec la charte départementale, près de 300 entreprises ont généré 1 800 recrutements. Parmi ceux-ci, 80 jeunes de Saint-Denis ont trouvé un travail et vont pouvoir s’en sortir. C’est peu et c’est beaucoup à la fois.
Comment votre candidature est-elle appréciée par la population ?
Bally Bagayoko. Sur les marchés, au porte-à-porte, les gens sont étonnés. D’abord il faut expliquer la différence entre les élections municipales et cantonales. Il y a aussi une autre raison à leur surprise. Pour être terre à terre, de prime abord, il leur est difficile de s’imaginer qu’un black puisse accéder aux mêmes responsabilités électives, être au service de l’intérêt général, porter un projet de transformation sociale. Pendant très longtemps y compris chez les jeunes, la place des blacks était au second, voire au troisième rang. Alors avec ma candidature beaucoup se disent « les choses changent, on peut être dans la lumière, alors on se mobilise », et d’en conclure « il est comme nous, il nous ressemble, allons-y ».